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Les Portugais rendent hommage à Champigny
2015-06-21
« Allez, viens signer ta brique Luis ! » En ce dimanche matin, les membres de l’association portugaise « Les Amis du Plateau » interpellent gentiment leurs connaissances sur le marché de Villiers pour les inciter à participer à un projet d’envergure : l’édification d’un monument sur le rond-point des rues Bernau et Ambroise-Croizat à Champigny en hommage à la ville et à Louis Talamoni (PCF), maire de la commune entre 1950 et 1975, pour l’aide qu’ils ont apportée au bidonville portugais dans les années 1960-70.

Moyennant 10 €, les donateurs sont invités à inscrire le nom d'un proche sur une brique en ciment. Celle-ci ornera ensuite l'une des huit colonnes qui seront installées à l'entrée des allées menant à un haut-relief à l'effigie de l'ancien maire.

 

Ce haut-relief à l'effigie de Louis Talamoni sera scellé sur de grands livres de pierre représentant les milliers d'histoires des Portugais ayant vécu dans le bidonville de Champigny. Des livres eux-même entourés de mains tendues, symboles de l'aide apportée par le maire et la commune. (DR.)

 

« On veut lui rendre hommage car il nous a tendu la main. Il aurait pu appeler les autorités pour nous déloger, mais ça n'a pas été le cas. Il a fait distribuer des couvertures, fait venir des bus pour emmener les enfants du bidonville aux bains douches, créé une école... C'était un homme de conviction », salue Valdemar Francisco, le président de l'association.

 

Le monument sera posé au centre du rond-point situé à l'angle des rues Bernau et Ambroise-Croizat, là-même où se croisaient naguère le chemin de la Lande et la rue de Dunkerque où les Portugais prenaient la direction des différents «quartiers» du bidonville.Douze oliviers, symboles de paix, seront plantés et les olives récoltées chaque année.

 

La jeune génération, comme Sandrine, 34 ans, n'oublie pas. « C'est une manière d'honorer ceux qui nous ont aidés et les gens qui ont vécu dans des conditions si difficiles ». La jeune femme a acheté deux briques et s'applique à graver le nom de ses deux grands-pères : José Rato et Joaquim Santo.

 

 

« Les deux ont vécu et travaillé ici. Pour moi, ces briques symbolisent leur participation à la construction de la France. »

 

Exemples de briques sculptées par Manuel Jorge Pereira (DR.)

 

Alice, 58 ans, qui a passé son enfance dans le bidonville, a elle aussi investi dans quelques briques « pour se souvenir » : « Je suis arrivée à 3 ans et demi et j'y suis restée une dizaine d'années. Les baraques étaient en bois, collées les unes aux autres. Il y avait des toilettes communes. C'était une horreur et en même temps, ça reste de bons souvenirs car c'était toute mon enfance. » L'association compte vendre 2 000 pièces. « Ceux qui feront une donation de 65 € et plus recevront une médaille de bronze à l'image de Louis Talamoni », ajoute Valdemar Francisco. Le monument, qui coûte 120 000 €, devrait, si tout va bien être installé à la fin de l'année. Mais l'association voudrait en faire baisse le prix à 94 500 €, le code postal de Champigny. Tout un symbole.

Pour acheter une brique ou faire un don, contacter Lionel Marques, vice-président de l'association « Les amis du Plateau » au 06.28.34.18.01.

 

Anne-Laure Abraham    

Ver Le Parisien, aqui.

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