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Les Portugais surreprésentés dans les classes spécialisées
2009-09-12

ÉCOLE - Les autorités scolaires suisses ont renoué le dialogue avec le Portugal au sujet de l'intégration scolaire des lusophones. A Genève, l'enjeu est de taille. 
Il y a deux ans, un document de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) avait envenimé les relations entre la Suisse et le Portugal. Car la surreprésentation des élèves lusophones parmi les plus faibles et dans les classes spécialisées était attribuée à «l'origine socioculturelle très modeste» d'une bonne partie de la communauté portugaise. La CDIP pointait aussi le «désintérêt des parents» pour la scolarité de leurs enfants. Elle avait dû présenter ses excuses à la communauté portugaise. 
C'est dans ce contexte qu'Isabelle Chassot, présidente de la CDIP et ministre de l'Instruction publique fribourgeoise, et Charles Beer, son homologue genevois, ont effectué un voyage de trois jours au Portugal début septembre. Ils y ont rencontré le secrétaire d'Etat aux communautés portugaises Antonio Braga. 
«Il y a plus de dix ans que l'intégration scolaire des enfants portugais est un sujet de tension, explique Charles Beer. Ce voyage marque la disposition des autorités scolaires suisses à les dépasser. On repart sur de bonnes bases.» 
En Suisse, les Portugais demeurent trop nombreux dans les classes spécialisées, regrette Charles Beer. A Genève, qui accueille le plus grand nombre de Portugais en Suisse romande, l'enjeu en termes d'intégration est important, ajoute-t-il. En 2008, 2,66% des élèves portugais étaient dans des classes spécialisées du canton, c'est le double par rapport aux autres communautés, Suisses compris (1,34%). Sur les 4000 Portugais de l'enseignement ordinaire, on dénombre donc plus de 100 élèves dans les classes spécialisées. 
Pourquoi cette surreprésentation? En 2007, les officiels portugais invitaient l'école suisse à se remettre en question. Mais Charles Beer défend la qualité du système genevois de l'enseignement spécialisé. «Il est faux de dire que les parents portugais ne s'occupent pas de leurs enfants, mais il faut bien reconnaître que l'origine socioculturelle joue un rôle. Car nous avons affaire à une population d'enfants peu favorisés par rapport à l'accès à la langue écrite maternelle.» Or cet accès est déterminant pour l'apprentissage du français, ajoute le magistrat. 
Il revient du Portugal avec une petite initiative pilote. Quatre enseignants rémunérés par le consulat portugais épauleront leurs petits concitoyens dans des classes de 1P et 2P de l'école ordinaire genevoise, afin de les aider à passer d'un langage oral à l'écrit. Histoire de freiner les passages dans le spécialisé. I

 Le Courrier, aqui.

 

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